Streetball : Paris la grande soeur new-yorkaise !

Fb Quai 54 WSC

Quelques semaines après l’évènement basket parisien Quai 54, forcé de constater l’engouement que celui-ci génère, comment pouvons nous définir la place du basket de rue au sein du paysage français ?

Le Streetball…

Quand on écoute aujourd’hui les joueurs ayant percés au plus haut niveau, il nous avouent pratiquement tous avoir débuté sur les « playgrounds » avec leurs amis. Le streetball est assez différent du basket « traditionnel » que l’on peut connaître en club. D’une certaine manière c’est sur ces playgrounds, que les aptitudes techniques ou le talent de certains se sont révélés. Dans ces conditions il n’y a pas vraiment de systèmes de jeu mis en place, ici on accorde une importance toute particulière au 1c1*, au défi physique. Le jeu y est donc plus rude, faute d’arbitre la plupart du temps.

Le basket de rue est né sur les playgrounds américains, le plus célèbre d’entre eux, le Rucker Park situé dans la banlieue de New-York. Plein de talents sont découverts sur ces terrains, car la majorité des joueurs américains passent toute leur jeunesse dehors sur les playgrounds. il n’est d’ailleurs pas rare de voir des NBAers revenir disputer quelques matchs lors de leur « Off-season », à l’image notamment de  l’ailier fort des Denver Nuggets, Kenneth Faried. Même si ici on parle de basket, c’es également un style de vie, une culture urbaine et artistique, où se rejoignent sportifs de hauts niveaux, amateurs, rappeurs… mais tous avec le même point commun, l’amour du jeu et du show.

Le playground du RuckerPark à Harlem, NY.
Le playground du Rucker Park à Harlem, NY.

En France…

Le streetball est apparu dans l’hexagone fin des années 80 début des années 90. Des joueurs de l’époque revendiquaient déjà leur attachement à ce milieu. Moustapha Sonko en est le parfait exemple. Alain Weisz son entraîneur à Sceaux (90-93) confiait que « Mous' » préférait aller jouer sur les playgrounds, plutôt que d’aller aux entrainements. Toujours inspiré par les mouvances venant d’Outre-Atlantique, la France est devenue une référence en matière de basket de rue. Je pense que sans exagérer on peut même dire que Paris aujourd’hui, est en quelque sorte la « grande sœur » de New-York.

Dans les années 2000, on peut déjà observer l’émergence de ce basket de rue, avec de nombreux évènements comme le Nike Battlegrounds 2004 parrainé par Tony Parker, qui constituait à réunir à Paris les meilleurs joueurs de 1c1 de toute la France. Ils étaient sélectionnés dans les principales villes françaises, avec également une phase de sélection en Belgique. Les phases finales se déroulaient alors au Cirque d’Hiver. Mais l’apogée, reste tout de même le sacre de Champion du Monde d’Amara Sy joueur de l’ASVEL Lyon Villeurbanne, au Mans à l’époque. En participant au  Battleground il devient le « kings of the world » en battant les meilleurs joueurs de un contre un des États-Unis chez eux, une performance retentissante car c’est encore à ce jour le seul français à avoir réussi cet exploit.

Amara Sy sous le maillot du Quai 54 - crédit : basketactu.com
Amara Sy sous le maillot du Quai 54 – basketactu.com

Le Quai 54…

Le Quai 54 World Streetball Championship créé par Hammadoun Sidibé, se déroule tous les ans à Paris depuis 2002. Pour sa douzième édition (2015) la compétition a eu lieu au Trocadéro, au pied de la Tour Eiffel à Paris. Ce tournoi est devenu une référence européenne, regroupant cette année seize équipes internationales, ce qui représente environ 200 joueurs (professionnels et amateurs). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des équipes américaines y participer. Le tournoi parisien comprend aussi un concours de dunk et un concours de tir à trois points, c’est un weekend purement basket, avec des shows regroupant tous les arts de rue côtoyant le monde du basket.

Aujourd’hui des compétitions officielles et reconnues sont créées comme les championnats du Monde de 3×3, chose que l’on aurait pas imaginée il y a encore dix, quinze ans. Puis l’été étant arrivé, nous allons pouvoir assister à beaucoup de tournois organisés dans toute la France, comme l’Urban PB de Poitiers. Tout cela démontre bien l’importante place du streetball sur notre territoire et donc l’intérêt grandissant pour le basket en général !

So, « Bring your game, not your name » & see you on the court !

*un contre un