Entretien avec le journaliste de BeIN Sports, Remi Reverchon !

Rémi Reverchon – beIN Sports

Si tu devais te présenter en quelques mots…

Alors Remi Reverchon, 30 ans, journaliste à Beinsports, dingue de sport en général et de basket en particulier. Fan des USA, de sneakers, de « Breaking Bad », et de bouffe !

Peux-tu revenir pour nous, sur ton parcours de basketteur car tu as joué en Nationale 2 notamment et il me semble que tu joues encore?

J’ai commencé le basket assez tard, à l’âge de 15 ans. Formation à La Rochelle, minimes, cadets (Manu Gautreau et Karim Chiheb comme coaches), puis le bout du banc en Nationale 2. Ensuite de 2006 à 2009 j’ai éffectué trois saisons de N2 à Charenton entrainé par Germain Fidami. Aujourd’hui je joue encore à l’USD Charonne à Paris. J’ai baissé de niveau, travail oblige et genoux pourris… Mais on monte en Promotion d’Excellence Region, une fierté !

Si l’on t’écoute tu étais le plus petit intérieur de Nationale 2 à jouer comme les postes 5 de l’Est, on peut te comparer alors à Pekovic (Minnesota Timberwolves) ?

Ahhhh, voilà une comparaison qui me fait plaisir. Il faut juste que je me laisse pousser la barbe et que je me mette a la pêche sur glace, et l’illusion sera parfaite (rires).Capture-décran-2014-02-22-12.14.19

Qu’est ce qui t’a poussé vers le journalisme ?

Un choix de carrière au lycée, en fin de terminale. Une décision presque sur un coup de tête, qui s’est avérée être la bonne!

Tu as franchi l’Atlantique en 2006 où tu as pu créer ton entreprise de production audiovisuelle (So French Prod), peux-tu nous en dire un peu plus ?

Après trois ans de piges pour plusieurs chaînes de télé à Paris, j’ai eu envie de retourner aux USA où j’avais en partie étudié dans le Colorado. J’ai donc monté une petite structure et je suis parti m’installer à Los Angeles où j’ai vécu trois ans en tant que correspondant pour plusieurs médias français. Les trois plus belles années de ma vie. 

Si l’on dit que les Etats-Unis te font office de deuxième maison, c’est exagéré ?

Non, c’est bien le cas. Disons deuxième ex æquo avec la Croatie, qui serait plus la résidence de vacances !

Tu es maintenant à BeIN Sports depuis 3 ans, comment s’est présentée cette opportunité ?

A la création de la chaîne début 2012, Charles Bietry (Directeur délégué de BeIn Sports de juin 2012 à novembre 2014) avait un projet d’émission dans lequel était impliqué Xavier Vaution. Rien a voir avec la NBA à l’époque, la chaîne voulait un jeune journaliste polyvalent. Les connexions se sont faites, ils ont pensé à moi, m’ont proposé le poste et me voilà rentré en France. 

NBA Extra…

Tu as la particularité de pas mal voyager avec BeIn pour le compte de l’émission NBA Extra, était-ce une de tes exigences de départ ?

Oui il y avait ça, un hélicoptère pour m’emmener au bureau et huit millions d’euros annuels (rires) ! Non je n’avais évidemment aucune « exigence ». Mais quand il a été question de tourner des reportages, en discutant avec Xavier, avec mon réseau aux Etats-Unis et ma connaissance des vestiaires NBA, tout cela s’est fait très logiquement. 

Grâce à cette émission tu travailles aux côtés de personnalités du basket hexagonal comme Jacques Monclar, Eric Micoud ou encore Chris Singleton, comment pourrais-tu les définir ?

Les trois mecs que tu cites ont des personnalités très différentes. Mais surtout très complémentaires. Difficile de les définir comme ça en quelques mots. Mais si l’on devait reconstruire une équipe, je pense vraiment qu’on ne changerait rien à notre casting. 

Sans oublier le légendaire Xavier Vaution, et la très compétente et jolie Mary Patrux, vous donnez vraiment l’impression d’être une vraie bande de copains, est-ce un seulement un ressenti du téléspectateur ?  

Oui c’est bien un ressenti en réalité, on se déteste (rires) !

Les journalistes de l'émission NBA Extra (de gauche à droite) : Xavier Vaution, Eric Micoud, Mary Patrux, Chris Singleton, Remi Reverchon et Jacques Monclar.
Les journalistes de l’émission NBA Extra (de gauche à droite) : Xavier Vaution, Eric Micoud, Mary Patrux, Chris Singleton, Remi Reverchon et Jacques Monclar – beIN Sports

Justement en voyageant beaucoup comment s’organise ta vie professionnelle, ton emploi du temps ?

L’emploi du temps change d’une semaine à l’autre. C’est l’un des sacrifices à consentir pour faire ce beau métier. J’ai la chance de ne pas avoir de petite famille à gérer, contrairement à Mary (Patrux) ou Xavier, donc c’est plus simple pour moi. 

La NBA

En fréquentant de prêt et régulièrement la N.B.A. peux-tu nous expliquer tes différents ressentis envers cette grande ligue idéalisée et imaginée pour la plupart ?

C’est une vraie machine de guerre. Le moindre détail est prévu, écrit, pensé. C’est une immense fabrique de rêves, qui continue de fonctionner pour moi, même après toutes ces années à son contact !

Ton équipe préférée ?

Je ne suis fan de personne, vraiment. Du fait de les avoir côtoyées, j’ai une petite affinité pour les Nuggets, à l’époque de ma fac aux USA, et pour les Lakers. Mais je ne suis vraiment pas fan d’une équipe en particulier. 

Ton joueur préféré au sein de la ligue est toujours Gordon Hayward(coéquipier de Rudy Gobert aux Utah Jazz) ? Après Kobe Bryant ?

Gordon c’est notre « gimmick » NBA Extra ! Plus pour se marrer qu’autre chose. Par contre j’ai un respect infini pour Kobe Bryant, ce qu’il représente. J’ai eu la chance de le côtoyer pendant trois ans, cet homme là dégage une aura qui m’était inconnue jusque là. 

Gordon Hayward
Gordon Hayward – NBAE Getty Images

As-tu été impressionné ou agréablement surpris par certains d’entre eux dans l’attitude ou autre ? Et à contrario est ce que certains t’ont déçu ?

A force de reportages, j’ai bien sûr connu de tout. Dernièrement, la bonne surprise, c’est Kyle Lowry (Toronto Raptors). En tournage à Toronto je réussis à obtenir une interview 1/1 avec lui, et là je rencontre un mec en or ! Très sympa, ouvert d’esprit, qui répond bien aux questions. Et qui reste discuter cinq minutes après l’interview, à me demander ce que je pense du Canada, où je dors à l’hôtel, et si j’ai eu le temps de me balader un peu ! 

Kyle Lowry
Kyle Lowry – basketusa.com

Tu as pu créer certaines connexions avec quelques joueurs ?

Par la force des choses, oui ! A force de les voir, j’ai développé des liens avec la plupart des joueurs français. Je suis très proche de deux d’entre eux en particulier, Nicolas Batum et Evan Fournier. Deux mecs de grande classe, accueillants, gentils, intelligents. Puis quelques américains aussi, avec Xavier par exemple, on avait créé un vrai lien avec Derrick Rose ! Chaque fois qu’il nous voyait, dans sa saison après son titre de MVP, il discutait avec nous et on pouvait l’interviewer en solo.

Une ville, une salle qui respire le basket, à ne pas louper selon toi ?

Portland, le Rose Garden ! Plus grosse ambiance NBA que j’ai connu ! Après les dernières finales, à Oakland et Cleveland, ça souffle sérieusement aussi ! 

Même s’il est encore très tôt, un petit pronostic pour la saison qui arrive, qui verrais-tu MVP de la saison régulière et Champion NBA 2016 ?

MVP, Gordon Hayward  et champion les Lakers qui battent en finale les Nuggets (rires) !

L’Euroleague…

Tu commentes d’ailleurs l’Euroleague aux côtés de Jacques Monclar, comment expliquerais-tu la différence entre le basket en Europe et celui pratiqué au sein de la grande ligue ?

Cela représente deux matchs par semaine pendant toute la saison. Je suis au moins autant investi dedans que dans la NBA. Les différences seraient trop longues à lister comme ça, c’est un autre basket. Mais avec des salles au moins aussi chaudes que des salles de saison régulière NBA !

D’ailleurs je sais que tu racontes souvent des anecdotes sur Sofoklís Schortsanítis « Big Sofo », vous êtes devenu amis ?

Non, non, Je ne suis pas ami avec Big Sofo (rires). C’est juste du second degré. 

As-tu tes habitudes avant de commenter un match ?

Pas vraiment, je ne suis pas superstitieux. Juste le traditionnel « check » avec Jacques juste avant l’antenne !

Rémi si tu…

…pouvais nous citer un souvenir « basketballistique » mémorable 

La victoire de la France contre l’Espagne en demi-finale de l’euro 2013 en Slovénie, alors qu’on est à moins 14 à la mi-temps. Encore plus qu’en Espagne l’an passé, à la Coupe du Monde. Je suis aux deux matches, et les deux fois je vibre comme jamais. 

…n’avais pas été journaliste

Pilote de Formule 1! Ou surfeur professionnel. Ou astronaute. Enfin un truc qui en jette quand tu parles a une nana en soirée, évidemment (rires). 

…devais donner un ou des conseils aux jeunes qui souhaitent se lancer dans le métier de journaliste (sportif) 

Ne pas se focaliser sur un domaine. Je reçois trop de messages « je veux devenir journaliste basket ». C’est trop restrictif, ce n’est pas ça le journalisme. Faites des études, une école de journalisme si possible. Et si vous avez la chance de devenir journaliste sportif tant mieux ! Mais bosser à Sud Ouest La Rochelle me faisait tout autant plaisir à mes débuts.

…pouvais nous raconter une anecdote

Peu importe le sujet ? Vous voulez que je vous parle de la façon dont Xavier Vaution range ses chaussettes en voyage (rires) ?

Puis si l’on devait vous souhaiter quelque chose…

D’être élu président des Etats-Unis  en 2016 ! Oui, ça me conviendrait bien ça ! Puis vous préférez ça que Donald Trump quand même…? Non, vraiment…?

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