Le « JFL » : Un débat qui anime le basket français

Paul Lacombe - Strasbourg - 20minutes.fr
Paul Lacombe – Strasbourg – 20minutes.fr

Réglementation lancée en 2010 par les instances du basket hexagonal, la mention « Joueur Formé Localement » avait pour but premier de réglementer le recrutement des équipes en mettant en avant la formation « à la française ». Si au début cette réforme était censée faire date, depuis elle est toujours au sujet de toutes les discussions notamment en période de recrutement.

Le principe

Le fondement principal de cette réforme, était de valoriser nos joueurs formés en France qui souvent laissaient leur place au profit de recrutement axé à l’étranger avec notamment les américains. Un “joueur formé localement”, est donc un joueur ayant eu une licence dans un club français pendant quatre années entre ses 12 ans et 21 ans. Et donc depuis 2010, chaque équipe de Pro A et de Pro B devait compter dans son effectif, un minimum de cinq JFL pour dix joueurs, puis six ou sept JFL pour un effectif de onze ou douze joueurs. Autrement dit, un club de Pro A ne pouvait aligner plus de cinq joueurs sur la feuille de match non formé localement, sauf si l’un d’entre eux bénéficiait du statut de JFL. L’exemple qui peut-être assez parlant, fut celui de Pape Badiane (Ex-international et ancien joueur de Poitiers notamment) qui malgré une formation universitaire aux Etats-Unis (Cleveland StateUniversity), a pu obtenir le statut JFL via une dérogation de la Ligue Nationale de Basket.

Pape Badiane - pb86.fr
Pape Badiane – pb86.fr

Une réglementation qui coûte cher

Quand l’on observe le championnat de France on peut le remarquer aisément, une équipe se construit donc souvent autour d’un gros cinq majeur étranger, avec une ou deux rotations de choix, puis après viennent les JFL pour « compléter le banc ». Cette tendance peut trouver son explication par le coût financier qu’engendre un JFL, Jean-Marc Dupraz (ex-coach de Limoges) donnait déjà cette explication à l’époque dans les colonnes de L’EQUIPE «Un JFL c’est plus cher qu’un américain à niveau égal ! ». Tout comme son homologue Jean-Denis Choulet, aujourd’hui coach de Chalon sur Saône, qui déclarait même à l’époque : « J’ai été l’un des premiers à manifester mon mécontentement quand c’est passé. Je pense que c’est une connerie ! Je ne vois pas ce que ça apporte aux joueurs français c’est le seul moyen pour certains de gagner un peu d’argent. Ça ne sert pas le basket français. »

Une nouvelle réglementation (imposée) dès la saison prochaine

En effet, le système a été pointé du doigt par la Commission Européenne, suite à une plainte déposée par un agent français. Cette réglementation telle qu’elle existait portait atteinte au droit relatif à la libre circulation des travailleurs dans l’Union Européenne. La LNB va donc devoir s’orienter vers une nouvelle stratégie à partir de la saison 2016.

En effet les clubs de Pro A auront maintenant pour obligation d’avoir quatre joueurs JFL au sein de leur effectif contre cinq auparavant. Concernant les six autres joueurs étrangers,  quatre pourront être non formés localement. Les deux autres restants devront être des joueurs européens, qualifiés de cotonous (ressortissants de l’Espace économique européen, de la Russie, de la Suisse et de 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). On assiste donc à un retour en arrière. La ProB est elle aussi concerné par ces changements, les équipes de deuxième division pourront quant à elles, compter un joueur étranger supplémentaire. Mais avec (comme c’est le cas aujourd’hui) deux « non JFL » seulement, les deux autres joueurs étrangers devant être cotonous et/ou européens. (Source Bebasket)

Cette nouvelle stratégie adoptée par la LNB aura pour conséquence de réduire les places pour les joueurs français. Le débat est donc loin d’être arrivé à son terme. Affaire à suivre…

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