Alex Biggerstaff : Un journaliste passionné et passionnant

 

Alex Biggerstaff (à droite), à côté de Raphaël Desroses

Laysitup est parti à la rencontre du journaliste franco-américain de RMC Sport : Alex Biggerstaff. Ce nom vous parle peut-être pas, mais si vous êtes amateur de basket universitaire et de JeepElite, vous avez surement déjà entendu sa voix. Pour nous le journaliste du groupe RMC Sport, est revenu sur son parcours original, et sur sa volonté de faire progresser la visibilité du basket français.

Né à Los Angeles, Alex Biggerstaff a été rapidement confronté aux sports américains que ce soit le basketball ou le football, professionnel ou universitaire. Arrivé très tôt en France, le journaliste d’RMC Sport a conservé cette culture américaine pour le sport et notamment le basket.

« À la base j’ai fais une école de journalisme du côté de Toulouse. Mais avant de rentrer en école, pour la petite anecdote tout a commencer avec un cadeau de la part de mon père. Il a toujours su que j’étais fan de basket et notamment d’un certain George Eddy. Je regardais toutes ses apparitions sur Canal, « Eddy Half-time » entre autre, et mon père regardait de temps en temps également. Personnellement je savais déjà ce que je voulais faire, c’est à dire commentateur basket. Mon père a donc essayé de rentrer en contact avec George Eddy, sans me le dire. Il lui a donc rédigé une longue lettre où il parlait de la passion de son fils pour le basket, en demandant à la fin si George lisait cette lettre, de jouer le jeu en m’appelant sur mon portable pour que je vienne le voir travailler à Canal. Une vraie bouteille à la mer. Deux, trois semaines se sont passées peu avant mon bac en 2008, et un jour en cours je reçois un coup de fil d’un numéro inconnu et donc je ne réponds pas, tout en voyant qu’un message vocal y est laissé. Je sors de cours lors de ma pause et j’écoute le message entouré de mes potes, dès les premiers mots je suis totalement choqué car je reconnais direct la voix de George Eddy, je pense donc tout de suite à une blague, je le réécoute une seconde fois. Dans ce message George me dit avoir lu la lettre de mon père et m’invite à passer le voir travailler à Canal, tout en me disant de ne pas communiquer le numéro à tes amis (rires). […] À la sortie des cours, en rentrant dans la voiture de mon père, je l’ai affectueusement insulté en anglais, avant de lui dire que George Eddy m’avait laissé un message ! Un très beau moment de partage entre un père et son fils. »

« La Fox m’a vraiment ouvert les yeux »

C’est encore via sa bonne étoile, qu’une autre opportunité de taille allait se présenter à Alex lors de l’été 2010. Le fils d’un des voisins de ses grands-parents alors basés à Los Angeles, n’est autre que le directeur marketing de la chaine Californienne Fox Sports Ouest !

« Mon grand-père à donc parlé au père de David Vogel, pour savoir si la chaine accueillait des étudiants européens. Cela s’annonçait très compliqué, mais au final j’ai réussi à obtenir un entretien avec un certain John Stapleton, j’étais en stress total du côté de Toulouse (rires). En gros j’ai eu un quizz sur le basket, et je m’en suis pas mal sorti. Mon niveau d’anglais et ma nationalité américaine ont sans doute facilitéles choses. Et donc je suis parti pour 3/4 mois lors de l’été 2010, stage qui a compté pour ma 3e année. Au lieu de partir en vacances chez mes grands-parents à L.A., j’ai travaillé pour Fox Sport (rires). J’ai vraiment beaucoup bossé là bas, la Fox m’a vraiment ouvert les yeux ! On avait une très grosse masse de travail, mais dans des conditions travail énormes. C’est à ce moment là que j’ai vraiment pris conscience du véritable métier de journaliste. »

Ces incroyables histoires allaient conforter Alex de poursuivre son rêve, celui de devenir journaliste « basket ». 

« Par la suite j’ai eu mon bac, en gardant toujours contact avec George et au milieu de ma première année en école de journalisme [ndrl : à Toulouse], j’avais un stage à effectuer. J’ai donc appelé George pour le faire à Canal+ et il a réussi à me faire une place. C’est vraiment là où j’ai commencé à faire mes premiers pas dans le monde du journalisme. J’ai rencontré alors des personnes comme Xavier Vaution, David Cozette… J’étais tellement conscient de la chance que j’avais, que je me suis donné à fond ! […] En plus American Dream était juste lancé, donc tous les mercredis je parcourais Paris, pour assister au tournage avec George, Jacques (Monclar) et Xavier. Cela restera une très belle expérience pour moi. »

« Aujourd’hui le grand public français ne connait pas le basket, si ce n’est trois noms comme Parker, Diaw ou même Noah »

Aujourd’hui sur RMC Sport, qui auparavant était SFR Sport, nous avons voulu connaitre l’opinion d’Alex sur la visibilité du basket français.

« Pour être cash, oui l’image télévisuelle du basket français est pauvre et il n’y a pas de doute possible. Mais elle est beaucoup plus riche, qu’elle ne l’était avant. Je trouve que son traitement est largement supérieur aujourd’hui, mais je suis parfaitement conscient que sa médiatisation aujourd’hui par le biais de RMC, reste très difficile d’accès. Il faut vraiment se rendre compte que, de gros efforts sont faits depuis un an et demi sur l’image, que ce soit par les chaines ou la ligue. Le travail doit finir par payer. »

Notamment par le travail journalistique plus pointu, et le recrutement de consultants. Maintenant il faut avoir minimum deux abonnements TV pour regarder l’ensemble des championnats et/ou compétitions. L’intéressé le reconnait, lui aussi parfois est perdu parmi toutes ces chaines.

« De notre côté les journalistes nous pouvons et nous nous efforçons de proposer un traitement qualitatif, pour aider à la promotion du basket. Mais nous ne pouvons pas forcer les gens à s’abonner, c’est sûr… Aujourd’hui le grand public français ne connait pas le basket, si ce n’est trois noms comme Parker, Diaw ou même Noah. Il faut donc faire un travail d’identification et c’est notre boulot ! D’où le fait de diffuser l’Euroleague, l’Eurocup et toutes ces compétitions en plus du championnat. Le basket doit et peu largement avoir sa place dans le monde sportif français. La saison passée (2017-2018), on a commenté environ 300 matchs ! […] Même moi en tant que salarié, parfois je m’y perds entre toutes ces chaines (rires), mais il faut nous laisser du temps. On a depuis peu changé de locaux, et on est dans des conditions de travail énormes. Mais je peux comprendre les gens qui ne peuvent pas s’abonner. D’ailleurs ce n’est pas parce que je travail pour le groupe RMC Sport, que j’ai un abonnement gratuit (rires). »

Toujours aussi motivé et motivant, Alex Biggerstaff souhaiterait prochainement découvrir la radio.

« Etant arrivé en 2011, je suis l’un des plus anciens de la boîte (rires), avant toutes ces fusions. Le but pour moi est de continuer à évoluer. Je suis passé de derrière l’écran à maintenant être devant, la radio me plairait beaucoup mais pour l’instant je n’ai pas eu l’opportunité. Je veux juste évoluer, et continuer d’apprendre. »

Un grand merci à Alex Biggerstaff pour sa disponibilité et sa bonne humeur.