Sébastien Morin, préparateur physique parti atteindre de nouveaux challenges Outre-Atlantique !

Sébastien (à droite) ici accompagné de Kévin Séraphin
Sébastien (à droite) ici accompagné de Kévin Séraphin – A. & H. Seguin

Âgé aujourd’hui de 35 ans, Sébastien Morin en a fait du chemin ! Passionné de sports et notamment de basket, il est aujourd’hui préparateur physique et coach personnel du français Kévin Séraphin joueur en NBA. Partons à la rencontre d’un homme passé d’une ville de dix milles habitants en Ille et Vilaine, à Washington DC. Il nous raconte en toute humilité son parcours encore loin d’être terminé, mais déjà exceptionnel ainsi que ses projets.

Ton parcours…

Sébastien, Peux-tu dans un premier temps nous expliquer ton parcours et surtout ce qui t’a emmené vers le basket ?

(Salut Nico), donc pour commencer je suis né a Rennes le 17 avril 1980. Mon père Jacques Morin était Prof D’EPS, joueur de basket à Rennes PA et entraîneur donc j’ai tout le temps été dans le milieu du basketball, de plus toute ma famille Grand père , Oncles etc… étaient dedans donc on va dire que j’y étais destiné (rires) ! Même si au départ je voulais faire du volley-ball, malheureusement dans ma ville de Montauban de Bretagne il n y avait pas de catégories pour mon age donc je suis allé vers le basket … j’ai commencé à jouer à l’age de 6 ans et j ai arrêté de jouer à 26 ans, entre temps j’ai passer mes diplômes d’entraîneur et mon Brevet d’Etat des métiers de la forme, puis j’ai débuté en tant qu’entraîneur à Montauban de Bretagne, j’avais la responsabilité de toutes les équipes du club de l’école de basket aux catégories seniors, j’ai pris mon pied car c’est à ce moment là que j’ai pu faire mes premières armes ! Et à l’époque j’intégrais systématiquement de la prépa-physique dans les séances de basket et on a eu pas mal de résultats … mais je voulais déjà à cette période avoir plus de challenge donc … Ensuite je suis parti un an à Lyon faire du coaching privé dans une salle de fitness où là c’était totalement hors basket, j’ai eu l’occasion de travailler avec des gens de la TV, des anciens joueurs de foot professionnels, ainsi que des joueurs encore en activité. J’ai même eu la chance d’entraîner un Yamakasi (force et gainage). Mais une fois de plus je voulais voir autre chose de plus grand et le basket cette année me manquait (la seule année où j’ai été éloigné des terrains) !

Il y a eu ensuite un contact avec T.Chevrier (Directeur sportif) de Cholet Basket qui fut intéressé par mes services et a cru en moi. Ma première année à Cholet j’ai dû faire mes preuves, et à la fin de la saison joueurs et entraîneurs furent satisfaits des résultats d’un préparateur physique à temps plein. J’ai donc signé un contrat afin d’encadrer à temps plein le centre de formation de CB ainsi que le groupe professionnel, avec les années on avait même ouvert la prépa-physique sur les minimes (qualités des appuis). Pour ma part, il est clair que la préparation physique dans un club doit être mis en place dès le plus jeune age sur du travail de postures, d’appuis, de coordination, de gainage etc … pour ensuite s’ouvrir sur de la musculation, travail athlétique… pendant mon passage à Cholet Basket, j’ai passé le diplôme de préparation physique de l’INSEP, où ensuite j’y ai fait quelques interventions sur des thèmes spécifiques. De mes années choletaises, je retiendrais le fait d’avoir pu travailler avec des personnes comme Jean-François Martin (Directeur du Centre de formation aujourd’hui), de joueurs en devenir (à l’époque) comme Kévin Séraphin, Nando de Colo (CSKA Moscou), Rodrigue Beaubois (Le Mans Sarthe Basket), Rudy Gobert (Utah Jazz), Fabien Causeur(Vitoria) et d’autres déjà affirmés comme Mickaël Gelabale (CSP Limoges), Sammy Mejia (Banvit) , John Linehan (Ex SLUC Nancy) etc… Et surtout la chance d’avoir pu côtoyer et travailler avec Erman Kunter (Coach du Mans aujourd’hui), qui accordait une aussi grande importance à la préparation physique qu’aux entraînements de basket ! D’ailleurs il n’est jamais intervenu dans mes séances car une chose est sure, tu peux être le meilleur des préparateurs physiques mais tu ne peux pas travailler pas en « solo », c est un travail d’équipe où chaque personne doit être responsabilisée sur sa spécialité afin d’aller vers la performance. 

En 2009, j’ai rencontré Mike Brungardt qui

Kévin Séraphin en compagnie de Sébastien Robin et de son équipe des Wizards.
Kévin Séraphin en compagnie de Sébastien        Morin et de son équipe des Wizards.

était le préparateur physique historique des San Antonio Spurs (parti à la retraite depuis). Une vraie complicité s’est installée entre nous, nous avons pu échanger énormément sur différents thèmes de la préparation physique, et notamment les différences entre les USA et l’Europe au niveau de l’approche athlétique des joueurs, mais aussi au niveau de la formation des jeunes. Des contacts pour venir le voir aux Spurs se sont mis en place (les installations des Spurs au niveau prépa sont a l’heure actuelle, les meilleures que j’ai eu l’occasion de voir… ce qui peut expliquer pourquoi leurs joueurs sont toujours à ce niveau malgré les années qui passent) !

Puis en 2010 après le titre de champion de France de Cholet Basket, et après avoir préparé l’équipe pour l’Euroleague je suis parti tenter l’aventure américaine. Dans un premier temps j étais parti pour apprendre de Mike et voir avec lui si une opportunité pouvait se présenter à moi et au final j’ai atterri à Washington à la demande de Kévin Séraphin pour être son coach privé Je crois réellement que dans la vie tu ne rencontres jamais des personnes par hasard, je suis arrivé la même année que Kévin à Cholet Basket, nous sommes partis la même année pour différentes raisons et nous voilà une nouvelle fois ensemble à bosser à Washington DC ! Au delà du fait de la rencontre, je tiens à souligner la loyauté et la fidélité de Kevin pour les gens qui l’on aidé à devenir ce qu’il est maintenant. 

Après être passé par les statuts de joueur, entraîneur, tu es devenu préparateur physique, qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Ce qui ma motivé à devenir préparateur physique c’est tout d’abord le fait que lorsque je jouais a Montfort, je pensais être un bon joueur mais avec des lacunes au niveau physique et athlétique, un des joueurs de l’équipe première était venu me parler et me dire de venir avec lui cet été pour s’entraîner physiquement chez Manu Breton (un autre joueur de l’équipe qui avait une salle de musculation). Cet été là j’ai gagné un peu partout au niveau physique, et la saison suivante j’ai vraiment vu la différence ! Dès lors il était clair pour moi que le basket et la préparation physique était indissociable. Puis plus je m’y intéressais plus je voyais les lacunes chez beaucoup de jeunes pour passer à l’étape supérieure, j’entendais et écoutais les remarques, les questions que les gens se posaient sur la préparation physique, et il était évident que ce métier était fait pour moi ! Je voulais tout savoir à propos de tout, une énorme passion est alors née pour moi. Manu est venu me voir et ma conforté dans mon choix en me disant, qu’il me verrait bien dans ce métier et m’a encouragé à passer mes diplômes, m’a ouvert sa salle et m’a pris en stage. Voilà le début de l’histoire… 

Alors que tu es préparateur physique au sein du club de Cholet Basket, une rencontre avec un certain Kévin Séraphin, va donner un nouvel élan à ta carrière ! Peux-tu nous l’expliquer en quelques mots ?

Travail, professionnalisme, rencontres et opportunités sont les mots qui me viennent à l’esprit quand je réfléchis sur mon parcours. 

L’histoire avec Kévin et l’histoire de Kévin est tout simplement incroyable. Nous sommes donc arrives la même année à Cholet Basket, à cette époque il était perçu comme un potentiel énorme, mais personne n’aurait pu prédire à ce moment la carrière qu’il a maintenant. C’était déjà un monstre, sa morphologie était hors norme ! Je me souviens de Serge Krakowiak (kiné de Cholet à l’époque)  me montrant les chevilles de Kévin, c’était comme si il avait une double entorse tellement son ossature était impressionnante (rires) ! Un monstre physique mais qui demandait à être affûté. Kévin n’était pas un fan de la préparation physique, d’ailleurs à ce moment là on s’est plusieurs fois pris la tête… Mais en même temps tout le monde lui disait tout le temps qu’il était fort etc… Alors pourquoi s’entraîner quand tu domines tout le monde de ton age? Mais le potentiel du joueur était tellement énorme,que je ne cessais de lui répéter « Tu crois être fort mais tu n’es qu’à 20/30% de ton potentiel ! ». Puis un jour il a commencé à s’entraîner avec des joueurs qui n était pas de son age et à se frotter à des mecs comme Claude Marquis. Un jour Kévin est venu me voir en toute humilité, me disant : « Okay je n’ai pas toujours été a 100% au niveau préparation physique, mais maintenant je vois et comprends pourquoi je dois progresser et travailler là dessus et je voudrais que tu me fasses un programme pour devenir meilleur ! ». « Wooooow » ce gamin avait quoi ? 16/17 ans à l’époque ! J’ai été très agréablement surpris par son humilité et son envie de réussir, je lui ai donc répondu qu’il n’y avait aucun problème j’allais l’aider dans sa démarche à une condition, « Je ne veux jamais t’entendre te plaindre que tu es fatigué, ou que c’est dur ! Accroche toi à ton rêve et donne toi tous les moyens pour y arriver ! check? check ! » vous savez quoi ? Depuis cet échange il ne s’est jamais plaint de quoi que ce soit ! 

Parallèlement il faut bien comprendre une chose aussi à propos de Kevin, c’est qu’il partait de loin au niveau basket, et que la priorité dans un premier temps pour Kevin était de progresser et passer du temps sur le terrain plutôt que dans la salle de musculation. Il a eu une expérience en cadets France où ça se passait pas très bien, moi de mon côté je m’occupais de l’équipe senior de Cholet Basket (Association) qui évoluait en région. Afin de lui redonner confiance et du temps de jeu nous avons décidés avec le staff de Cholet que Kevin viendrait jouer avec mon équipe en région. Au départ c’était sous forme de défi personnel, comme par exemple, « aujourd’hui je te demande de prendre 5 rebonds » , ou « aujourd’hui je ne veux pas que tu perdes plus de X ballons dans le match » et à chaque fois on augmentait les challenges. Et il progressait ! Je pense qu’il a vraiment apprécié cette expérience de jouer en senior région, il était très investit me demandant l’année d après d’être le capitaine de l’équipe et d’avoir des plus de responsabilités au niveau du jeu etc… J’aurais bien voulu mais je savais qu’il était partant pour les espoirs et les pros au vu sa progression suite à cette saison, et son travail personnel durant l’été !

Quand je fais ce retour, je me dis que forcement oui une amitié et une complicité de travail sont nées avec toutes ces épreuves. Mais je ne peux jamais cesser de sourire et d’être admiratif quand je pense qu’en 2009 Kévin jouait contre le coiffeur de telle ville, ou le boulanger de telle autre ville… Trois ans plus tard en 2012, il participait au JO de Londres et jouait contre Lebron James , Kobe Bryant.

Kévin Séraphin ici contre les Sixers
Kévin Séraphin ici contre les Sixers

Tu accompagnes donc Kévin au sein de la grande ligue depuis maintenant cinq ans, en quoi consiste ton rôle à ses côtés?

Mon rôle est assez varié. Tout d’abord je suis en relation direct avec le staff des Wizards, l’objectif est assez simple : ne pas surcharger de travail Kevin ou faire deux fois la même chose. Donc mon travail est complémentaire avec le travail des Wizards, d’ailleurs j’ai une excellente relation avec eux et les remercie de la grande confiance qu’ils m’accordent. 

il y a différentes parties et missions dans mon travail. 

Commençons tout d’abord par la « off season » qui correspond donc à la fin de la saison NBA et la reprise via le « training camp ». Pendant cette période qui est longue (quasiment 4 mois), c’est à ce moment là où nous travaillons afin d’être meilleur pour la saison prochaine. J’ai tout d’abord une réunion avec le staff des Wizards et on se met d’accord sur les objectifs à accomplir. Pendant cette période, je dois dans un premier temps effacer les petits bobos suite à une longue saison qui laisse des traces sur le joueur, donc là je ré-équilibre musculairement mon joueur, travail énormément sur les compensations afin d éviter des micros traumatismes qui peuvent entraîner ensuite des blessures sur le long terme et on travaille également sur des qualités physiques via des activités qui n’ont rien à voir avec les basket ou la musculation. il est important pour le joueur de continuer à travailler pour garder un certain rythme tout en s’amusant, en évitant une lassitude mentale. Ainsi il n’est pas rare à ce moment de l’année de nous voir faire du tennis, du yoga, de l’initiation à la boxe etc… Plus on avance dans la « off season » et plus on commence à travailler sur les objectifs fixés par le staff des Wizards, moi même et le joueur. 

Ensuite nous arrivons vers la fin de l été où les entraînements de basket individuel reprennent, là encore les coachs des Wizards font leur travail en relation avec le mien donc pour donner une idée, à ce moment de l’année je vais prendre en charge l’échauffement du joueur via un travail de proprioception, d’appuis et autres. Puis les coachs vont travailler individuellement avec Kévin et à la fin je reprends mon joueur et on travail soit en musculation soit en « conditioning » avec aussi un travail de gainage et de réactivité. Ce sont les grandes lignes, car il y a différentes étapes à respecter durant cette période où le seul objectif est de « redonner » mon joueur meilleur que l’année précédente. 

Ensuite vient le « training camp » où la Kevin pendant une semaine / dix jours est avec les Wizards. Je pourrai intervenir dans cette période mais je pense que c’est une période ultra importante, où je dois m’effacer au profit du joueur et de l’équipe. C’est leur moment, ça leurs appartient. 

Durant la saison, il y a différentes routines mises en places en fonction de différents paramètres : temps de jeu du joueur / matchs à domicile / match à l’extérieur / « day off » / « road trip » / performance du joueur… Durant cette période je suis énormément concentré sur : 

  • l’aspect alimentaire en prenant en compte tout les éléments cités précédemment car on ne mange pas de la même façon si c’est un jour de match, un jour d’entrainement , un « day off » etc…  Nous avons un chef à la maison que je manage, je vais faire les courses,  fais le choix des produits alimentaires puis ensuite je prépare les portions à respecter au niveau apport calorique, protéinique, glucidique etc… Que le chef ensuite cuisine. 
  • la récuperation : les joueurs NBA jouent 82 matchs en l’espace de six mois , un match tout les trois jours donc cela peut être massage, stretching, gainage, soins du corps etc…
  • entretien musculaire : il est très difficile d’améliorer les performances physiques de son joueur durant la saison, il faut le maintenir par contre le plus longtemps possible. Pour moi cela passe par un travail d’appuis, de coordination, du core training , de la réactivité qui sont des qualités complémentaires indispensables au basket. 
  • la mobilité qui insiste sur la qualité du mouvement biomécanique du joueur, éviter toutes formes de compensations afin d’avoir un corps le plus équilibré possible. 
  • l’approche mental : une saison NBA est fait de hauts et de bas où le joueur peut avoir des moments de doutes, de frustrations comme aussi des moments positifs. Il est important dans tous les cas, d’être à l’écoute de son joueur, de le comprendre, de le guider, de le rassurer ou parfois de le secouer aussi ! Quand tu es coach privé d’un joueur une énorme confiance s’installe entre les deux personnes, il faut donc avoir les bons mots aux bons moments et être objectif. Pour simplifier la chose : quand s’est bien il faut savoir le dire de la même façon que lorsque ça l’est moins.

Les Washington Wizards où joue Kévin sont actuellement en playoffs, cette période est-elle spéciale pour toi et dans l’approche de ton métier ?

Les Playoffs c’est une toute autre histoire ! Les joueurs s’enferment dans une bulle. les Playoffs c’est un état d’esprit à avoir. Comme pour le training camp c’est le moment où je dois m’effacer au profit de l’équipe. A ce moment de l’année le joueur est censé être prêt, les dés sont jetés et arrive ce qui doit arriver !

La vie Outre Atlantique…

Aux USA, on observe des joueurs souvent beaucoup plus athlétiques qu’en Europe et de surcroît en France, comment peux-tu l’expliquer ?

Une des choses à savoir, c’est que la France est le deuxième pays dans le monde avec le plus gros potentiel athlétique derrière les USA, donc en Europe nous sommes les meilleurs sur le plan athlétique pour une simple et bonne raison, c’est que notre population est métissée et c’est une chance incroyable, une richesse !

La différence, c’est que les joueurs aux USA sont dans un programme scolaire, universitaire qui doit les préparer à la fin, à être des joueurs professionnels, ils arrivent prêt en NBA. Bien sur les installations qu’ils ont dès le plus jeune age et l’encadrement sont juste incroyables, car la bas c’est tout un business pas juste du sport ! Après c’est le travail, quand depuis l’age de 15 ans voir plus jeune tu as des préparateurs physiques pour toi pour ton développement avec un vrai programme sur plusieurs années, tu as forcement des résultats.  Mais je suis impressionné par le professionnalisme qu’ils ont dès le plus jeune age. A 16 ans ils sont déjà des habitudes ! Comme par exemple, tenir des conférences devant des journalistes !

L’autre facteur c’est la faim, dans le sens où le sport aux USA est souvent un moyen qui permet de sortir sa famille de la misère et donc tu ne peux pas t’endormir sur tes acquis. 

Ce qui me dérange un peu dans la formation en France, c’est le manque de moyens humains pour encadrer les jeunes, souvent des assistants qui ne connaissent pas grands choses dans la préparation physique s’occupent de ces jeunes. Il n’y a pas de suivi alimentaire qui permettent d’accroître leurs performances, l’utilisation des compléments alimentaires est encore tabou dans beaucoup de centre formation aussi et beaucoup de gamins sont en dessous de leurs apports caloriques journaliers, qu’ils compensent ensuite en achetant en secret des pizzas ou autre « saloperies ». D’autre part, il y a très peu d’équipes françaises qui font appel à des préparateurs physiques, Cholet Basket fut l’une des premières équipes de ProA à le faire, penses-tu qu’il y a depuis une prise de conscience ? Je ne suis plus dans le circuit de la Pro A donc pour moi il est très difficile de m’exprimer à ce sujet comme j’ai pu le faire avant quand j’étais à Cholet.

Personnellement, je tiens à mettre en avant le professionnalisme de Cholet Basket de mettre a disposition un préparateur physique à temps plein, pour le centre de formation et pour l’équipe professionnelle. Nous parlons bien du plus haut niveau de basket en France et il est encore possible de voir des équipes sans préparateurs physiques !!!! Maintenant est-ce qu’il y en a plus qu’avant je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est que beaucoup de joueurs jouant en Pro A me contacte pour avoir des programmes ou des conseils car ils sont livrés à eux mêmes ! 

J’aimerais juste dire que les footings ne servent pas à grand chose dans le basket, que le développé couché n’est pas le mouvement principal du basket, que les squats ne se font pas avec la poussée du bassin et les genoux vers l’avant, que le gainage ne se résument pas a faire des crunchs etc… Il existe des multitudes d’erreurs incroyables que je vois ou que j’entends et qui me semblent invraisemblables quand on est au plus haut niveau.  

Qu’est ce que t’as apporté la culture américaine dans ta vie de tous les jours et professionnelle ? A-t-elle changée ta vison sur ton métier depuis ton départ de France ?

La positivité ! Le fait qu’aux USA les gens croient en toi, ils pensent que chaque personne a un potentiel énorme, est quelqu’un d’unique et qu’ils feront tout pour l’optimiser à son maximum. J’aime ici le fait que tout soit possible, et j’aime aussi leur confiance, que beaucoup confondent avec de l’arrogance. 

Dans le sport ils sont les meilleurs tout simplement parce qu’ils pensent être les meilleurs, c’est un état d’esprit, ils agissent, ils pensent, comme ils veulent être. Ça me rends dingue quand par exemple sur un tirage au sort une équipe française tombe sur une grosse écurie parce qu’on entend très souvent : « Oh mon dieu ! ça va être dur ! ça va pas être simple etc… ». Il faut que l’on arrive à un moment donné, si on a l’ambition de remporter des titres, de se dire que ce sont les autres qui doivent se dire « oh shit on joue contre telle équipe ». Je pense que beaucoup de matchs se jouent en amont.

Après par rapport à mon métier forcement ma vision a changée, car déjà mon statut a changé. Etre préparateur physique pour une équipe et être coach privé pour un joueur, pour l’un on est plus dans le général et pour l’autre plus dans le spécifique. L’autre chose qui change, c’est la pression du résultat par rapport au niveau de la ligue et le montant des contrats, j ai tout de même la responsabilité d’un joueur qui vaut 4 millions de dollars l’année !!!! 

Il me semble que tu as passé des formations aux Etats-Unis pour te perfectionner, (notamment au niveau diététique) cela te permet-il de pouvoir prétendre à obtenir des projets avec des équipes NBA ?

Oui en effet je suis preneur de toutes nouvelles formations pour être le plus proche possible de ce qui se fait de mieux au niveau de la performance sportive, aussi bien au niveau diététique mais aussi certification de Kettlebell et de Pilates Reformer. J’ai toujours dit que le jour où je ne voudrais plus apprendre j’arrêterais de vouloir prétendre être dans le haut niveau. 

Concernant les projets avec des équipes NBA tout est possible cela dépend de beaucoup d’opportunités, d’être disponible au bon moment.  A l’heure actuelle je suis concentré à 200% sur Kevin et les prochaines échéances à venir, ainsi que sur nos objectifs. 

Sébastien si tu…

… n’avais pas été dans le monde du sport ? 

Difficile à dire car j ai toujours été baigné dans ce monde, maintenant je m’étais renseigné pour être éducateur spécialisé afin de venir en aide aux jeunes en difficultés. Mais j’ai aussi une très grande passion pour tout ce qui est décoration intérieure ou encore pourquoi pas être tout simplement propriétaire d’un petit bar dans le sud de la France (rires).

… devais retenir un moment  marquant de ta carrière ? 

Cholet Basket - Champion de France 2010
Cholet Basket – Champion de France 2010

Sans aucun doute le 13 juin 2010 ou nous avons gagné le titre de champion de France (avec Cholet). Bien sur c’est un rêve d’enfant qui est devenu réalité mais c’est aussi le premier titre de l’histoire de Cholet Basket ! C’est un des clubs avec lequel j’ai grandit quand Rigaudeau, Warner, Mikes Jones, Tony Farmer, Jim Bilba y jouaient ! C’est aussi être fier de donner ce titre a Michel Léger qui a créé ce club, de savoir que ma famille était dans les tribunes et surtout une fin magnifique de ces quatres années passées avec Erman Kunter, car ce fut mon dernier match officiel avec Cholet. 

… avais une anecdote à nous raconter ?

J’en ai tellement que je sais pas laquelle choisir (rires) et puis entre celles qui se disent et celles qui ne se disent pas (rires) ! 

… pouvais donner un conseil pour les jeunes basketteurs /euses ?

Tout d’abord qu’ils aient confiance en eux. Qu’ils n’écoutent pas les gens qui vont leurs dire que c’est impossible car ils sont tout simplement face à des gens qui n’ont pas réussi. Ensuite trouver un mentor qui peut les aider dans leur projet, un ami, un confident. Quelqu’un qui croit en vous. Je suis préparateur physique mais j’ai moi même recourt à un coach privé pour l’objectif que je veux atteindre. il est toujours intéressant d’échanger, de voir de nouvelles choses mais surtout de devoir rendre des comptes pour limiter au maximum cette fameuse zone de confort qui nous rends si « lazy ». 

Il faut être clair sur vos priorités, « Qu’est ce que je veux faire, qui je veux être et quelles démarches je dois effectuer afin d’accomplir mon projet ? ». Je suis toujours étonné par les gens qui se disent motiver de réaliser un projet mais qui ne sont pas prêt à investir dans quelque chose qui va les aider, car c’est trop cher ou ils n’ont pas assez d’argent, mais par contre ces même personnes peuvent dépenser ces sommes dans des choses inutiles qui vont parfois aller contre leurs objectifs. 

Pour terminer se donner a 100%, rester positif et amusez vous, la vie est courte et « fun », profitez de chaque journée comme si c était la dernière ! 

Si l’on peut te souhaiter quelque chose ?

La santé et le bonheur ! Si j’ai les deux alors tout ira bien et bonne chance dans mes projets qui vont bientôt arriver. 

Bientôt (le premier Mai),  je vais lancer une page Facebook @zebeardedcoach ! Où je vous tiendrais régulièrement informé de l’arrivée de mon WEBSITE, où toute les semaines un montage vidéo sera mis en ligne à propos de séances de basket, de « conditioning » ou de musculation afin de donner des idées aux entraîneurs et joueurs. Il sera également possible via ce website de me contacter pour avoir des programmes d’entraînements individualisés, et des entretiens via Skype. Il sera également possible de voir certaines séances avec Kevin Séraphin en live. Donc beaucoup de choses vont arrivées alors juste, souhaite moi bonne chance 🙂 !

Merci beaucoup Sébastien de m’avoir permis de m’avoir accordé cette interview ! Bonne fin de saison à toi et à bientôt !

Crédit photo : (image à la une) A. Seguin et H. Seguin.

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