Antoine Eïto : « J’avais besoin de me prouver, que je pouvais driver une équipe de Pro A »

Crédit Photo : lnb.fr
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Cette semaine Laysitup est parti à la rencontre d’Antoine Eïto (1,86 m, 28 ans). Le meneur orléanais est un opportuniste qui a su saisir sa chance. La saison passée il a prouvé notamment avec une nomination au All-Start Game, qu’il a les épaules pour mener une équipe de Pro A . Pas connu pour être « langue de bois », le charentais a accepté de se confier sans détours.

La saison dernière tu as effectué ton retour en terre orléanaise (après y avoir évolué lors de la saison 2012-2013), peux-tu nous retracer brièvement ton parcours ?

J’ai débuté le basket à Rezé à l’âge de six ans. Puis j’ai rejoins Cognac en étant en sport étude au CREPS de Poitiers. Par la suite j’ai effectué deux années en cadets France à La Rochelle, avant de retourner au bercail pour une saison de Nationale 2 à Cognac.

Je décide ensuite de tenter ma chance en espoir à l’ASVEL. J’y suis resté pendant trois années de 2006 à 2009. Après j’ai évolué en Pro B du côté de Vichy, pendant deux saisons et demie, car j’ai terminé la dernière année au Mans pour les playoffs.

En 2012 j’effectue mon premier passage à Orléans, avant de retourner au MSB pour deux nouvelles saisons (2013-2015), avant mon retour depuis la saison passée à l’OLB.

À 17 ans tu jouais en Nationale 2 du côté de Cognac, on peut dire que ton parcours est atypique, à quel moment tu t’es dit « je veux être professionnel » ?

En vérité jamais je n’ai imaginé passer professionnel. Puis j’ai vu qu’avec beaucoup de travail et un entourage sain, je pouvais y arriver. Je me suis donc donné deux ans pour y arriver en débutant par l’ASVEL. Et du coup ça a fonctionné !

Avant de rejoindre Orléans la saison passée, tu as évolué sous les ordres d’Erman Kunter au Mans où tu étais plutôt en forme même si ton temps de jeu était aléatoire, pourquoi avoir choisi ce retour à l’OLB (ayant refusé une offre de prolongation du MSB) ?

Ce fut un choix pas facile. J’adore le MSB, c’est mon club de coeur. Les gens y sont très compétents, professionnels, sincères et agréables à vivre.

Mais deux choses ont fait que j’ai choisi Orléans. Déjà je jouais de façon très aléatoire avec Erman (Kunter), et puis je souhaitais avoir une utilisation moins « montagnes russes ». Est alors arrivé le coach d’Orléans, Pierre Vincent qui m’a proposé d’avoir les « clefs de la boutique » !

Et alors Mr KUNTER est-il fidèle à sa réputation de travailleur acharné ? 

Il aime qu’il y ai beaucoup d’intensité à l’entrainement et laisser beaucoup plus de liberté que l’on peut bien le croire. « Acharné » n’est pas le mot, je dirais plus qu’il est un travailleur « malin » et « expérimenté ».

Si l’on observe ton parcours professionnel, on peut voir que tu retournes toujours dans des clubs de moindre envergure (Vichy, Orléans) après avoir jouer pour l’ASVEL et le Mans. Ton but est d’être meneur n°1 ou est-ce un simple concours de circonstances ?

J’ai toujours cru en moi et fais les choix qui me semblaient être les plus justes. En étant sans cesse à la recherche de challenges et d’évolution à travers mon métier.

Ma philosophie à toujours été que si un club ne peut pas t’offrir ce que tu recherches, tu n’as qu’à aller te le chercher ailleurs. C’est ce que j’ai fais jusqu’à présent. Après, probablement que ma carrière aurait décollé plus vite si ma tête avait suivie plus tôt.

Tu aurais pu être titré avec le Mans la saison passée (vainqueur de la Coupe de France) ne regrettes-tu pas ton choix d’avoir privilégié ton envie de responsabilités plutôt que d’étoffer ton palmarès ?

Oui et non. Bien entendu gagner des titres c’est le « must », mais j’avais besoin de me prouver et de prouver aux autres, que je pouvais driver une équipe de Pro A. C’était devenu maladif, une réelle obsession qui est encore présente aujourd’hui.

Cette saison 2015-2016

Avec Orléans vous terminez la saison à la onzième place pour un bilan équilibré de 17-17, quel est regard portes-tu sur votre exercice 2015-2016 ?

On est dans les clous! Mais pas totalement satisfait. On a laissé passer 2/3 matchs bêtes. C’est dommage, je pense que nous méritions de jouer les play-offs. Arrêter de jouer le 10 Mai c’est juste insupportable ! 

Cette année tu as connu ta première sélection au ASG, qu’as tu ressenti en étant récompensé et reconnu par tes pairs ? On peut dire que c’est ta saison la plus aboutie sur le plan individuel ?

Je m’étais fixé cet objectif. J’étais surtout fier de représenter ma famille, mon nom au ASG signifiait beaucoup, sachant que mon père a aussi été joueur de basket. Donc oui d’un point de vue personnel, c’est en effet ma meilleure saison, mais je peux beaucoup mieux faire !

On connaît la situation pas facile de ton coach Pierre Vincent qui a même souhaité quitter le Loiret après cette saison 2015 mais en vain, quelle va être selon toi la meilleure manière d’aborder cette nouvelle saison 2016 ? 

La meilleure manière sera de se focaliser sur le terrain point. Il y a des choses beaucoup plus importantes dans la vie que ce qu’il a bien pu se passer. En tout cas, c’est un très bon coach, je suis content qu’il soit resté et mes coéquipiers comme Kyle (Macalarney), Abdel (Sylla) ou encore Marcellus (Sommerville), le sont encore plus !

Quels sont les objectifs à titre individuel et collectif que tu te fixes pour la saison à venir ?

Je les garde pour moi, les dire me porterait malheur (rires) ! Tout ce que je peux dire c’est qu’on ne souhaite pas être en vacance début Mai.

Après des débuts compliqués en terme de relations avec les supporters limougeauds, tu enflammes maintenant à de nombreuses reprises la « twittosphère » en ayant notamment déclaré ouvertement ton envie de jouer un jour pour Limoges, qu’en est-il ? Tu seras toujours orléanais la saison prochaine (il lui reste un an de contrat) ?

Les grands clubs, on rêve tous d’y jouer. Donc forcément Limoges rempli les critères. Maintenant, je suis orléanais encore pour un an et le coach et mes coéquipiers comptent sur moi !

Crédit Photo : Dominique Breugnot / Ouest-France
Crédit Photo : Dominique Breugnot / Ouest-France

Antoine « Grande Gueule »

Certains te collent d’ailleurs cette étiquette de « Grande Gueule » comment vis-tu cela dans ce (petit) monde qu’est le basket professionnel ?

Plutôt très bien. Il en faudrait plus, des gars « à l’ancienne » qui n’ont pas peur de l’ouvrir pour faire avancer les choses. De nos jours, beaucoup ne voient que leur propre intérêt au détriment du bien être des autres, c’est très égoïste et faux. Mais ceux là, on ne les entend jamais ! Je ne suis pas comme ça et ne veux pas l’être.

Tu partages donc l’avis de Stephen Brun (Ex-Cholet Basket) ? Qui en annonçant mettre un terme à sa carrière évoque notamment que le monde du basket a changé et que certains joueurs pensent plus à leur chèque qu’autre chose ?

À 300 % ! Et ça ne va pas aller en s’arrangeant si on continue à réduire le nombre de JFL (Joueurs Formés Localement). Chaque année on recherche a reconstruire nos équipes avec des étrangers…

Si l’on reste dans les personnage charismatiques tout le monde se souvient de la fameuse conférence de presse de Laurent Sciarra quand tu évoluais sous ses ordres à Vichy (saison de la descente en Nationale 1)… Considères-tu cette saison comme la pire de ta carrière ?

Non du tout. On n’a pas eu de chance, énormément de blessés, un changement d’entraineur avec un coach « rookie » pour la fin de saison. Après ce qui m’a le plus embêté, c’est la descente pour ce club de Vichy et ses supporters fantastiques. Un vrai chaudron !

Antoine si tu…

…n’avais pas été joueur professionnel ?

Je serais golfeur pro ou au moins j’essayerais !

… si tu avais une anecdote à nous raconter ?

J’ai réussi à oublier mon passeport deux fois en coupe d’Europe sur le même trajet ! À l’aller puis au retour ! J’ai tellement paniqué (rires), j’ai même dû rentrer seul à l’hôtel, à Amsterdam.

… t’imagines dans 5 ans ?

Toujours en Pro A ou ailleurs mais surtout en bonne santé ! Et pourquoi pas 2 d’index au Golf !

Puis si l’on devait vous souhaiter quelque chose…

De pouvoir faire mon job en toute sérénité et continuer à prendre du plaisir en faisant ce magnifique sport !

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