Emmanuel Coeuret : « Être en playoffs serait pour nous un bel exploit »

 

Crédit photo : Shoot’Lo

Les Déferlantes du Nantes Rezé Basket sont actuellement septièmes de Ligue Féminine. Terminer dans le Top8 serait un véritable exploit et synonyme de saison réussie pour le club et son entraineur Emmanuel Coeuret, que nous avons eu la chance d’interviewer en amont de leur déplacement dans les Landes.

C’est à la fin de l’entrainement de ce jeudi 16 février, que le coach Emmanuel Coeuret a accepté de nous livrer ses ressentis sur cette saison, et sur la structure nantaise. Le technicien nantais est pour l’instant très satisfait de ce début de saison, malgré l’élimination de son équipe au premier tour de la FIBA Eurocup, un mal pour un bien selon lui.

« Nous sommes vraiment dans les clous parce qu’on est même au-delà de ce qu’on envisageait. On s’attendait à une saison pas spécialement simple, et tout compte fait nous avons mieux démarré que les saisons précédentes. Sans oublier que la coupe d’Europe ne nous a pas trop pénalisé, n’ayant pas passé le premier tour une volonté de notre part car nous concernant nous ne pouvions pas courir deux lièvres à la fois. À ce jour mis à part à Tarbes et Nice chez nous, on n’a jamais eu de non match donc le bilan est pour l’instant très satisfaisant. »

Les Nantaises figurent à la septième place de la Ligue Féminine. Le souhait du club serait bien entendu de rester au sein de ce Top 8 pour disputer les playoffs et être européennes la saison prochaine.

« De toute manière l’objectif de début de saison était avant tout le maintien, donc être en playoffs serait pour nous un bel exploit. »

Un autre bel exploit du championnat de France serait que Charleville-Mézières continue à jouer le haut de tableau. Emmanuel Coeuret nous avoue que cette saison l’équipe ardennaise est la plus impressionnante à ses yeux. Il voit même les Flammes Carolo Basket glaner un titre cette saison.

« Charleville-Mézières est un club qui grandit et qui a un bel effectif très bien coaché, avec des joueuses françaises dominantes, avec un style de jeu qui moi me plait. Et je pense même qu’ils gagneront quelque chose cette année. »

Du côté du NRB depuis quelques saisons, le staff doit composer seulement avec sept contrats professionnels et cela complique fortement la tâche. Même si le staff préfère retenir les avantages de ce contexte.

« Il y a des avantages et des inconvénients. Les côtés négatifs c’est que en terme d’entrainements, de répétitions de matchs ça reste quand même un soucis, si je prends le match contre Lattes-Montpellier samedi dernier (défaite 88-57) avec un effectif plus étoffé on aurait pu plus se battre. Mais après il y a aussi du positif dans le sens où la cohésion d’équipe se fait plus facilement, car la hiérarchie est plus vite établie. […] Ça reste tout de même frustrant pour un coach, parce que depuis mon arrivée les contrats pros ne cessent de diminuer, ça reste compliqué. Mais après ce n’était pas une surprise, j’avais été prévenu par le club en amont. Donc si on arrive à obtenir un Top 8 ça équivaudrait à un Top 4 pour d’autres équipes, c’est un très beau challenge. »

L’occasion de revenir sur sa relation avec son ancienne joueuse et assistante Caroline Aubert, qui est une plus-value importante pour gérer entre autres ce genre de situations.

« Notre relation n’est plus la même que celle « d’entraineur – entrainée ». On dit des choses à son assistant que l’on ne dit pas à ses joueuses, même si elle avait ce statut de capitaine à l’époque où elle jouait. C’est un véritable confort pour moi ainsi que pour l’équipe, il est plus facile pour moi d’obtenir par son biais le ressenti du groupe. »

A Nantes, au-delà des Déferlantes, il y aussi l’émergence de l’Hermine Nantes en Pro B masculine qui depuis trois saisons devient un sérieux prétendant à la Pro A, Emmanuel Coeuret y voit que du positif et surtout pas de la mauvaise concurrence.

« C’est plutôt bien ! De toute façon si c’est bon pour le basket masculin ou féminin, je ne peux être que content. Après on a une courbe un peu opposée, dans le sens où nous notre période faste est un peu passée et eux sont au contraire entrain d’y arriver. Moi je vois ça plutôt positivement et je ne veux pas lancer une quelconque concurrence. Je vois ça plutôt d’un bon œil et je leurs souhaite le meilleur. »

Crédit photo : Shoot’Lo

Au club depuis cinq années maintenant, le coach nantais a connu des périodes compliquées avec notamment un club en difficultés financières, mais il préfère retirer le positif de chaques situations.

« Depuis que je suis là j’ai connu trois présidents différents, un club à la limite du dépôt de bilan donc j’ai envie de vous dire que le tableau n’est pas tout blanc. Dans l’histoire il a fallut que l’on s’adapte donc on s’adapte, et si l’on n’est pas content on s’en va. Mais ce stade n’est pas encore atteint pour ma part (rires). Mais nous sommes sur la bonne voie et le plus dur maintenant est que tout ce qui a été fait jusque là ne s’estompe pas. »

Et si les choses devaient s’arrêter avec le NRB, Emmanuel Coeuret (46 ans) ne ferme pas la porte au basket masculin.

« Le basket masculin m’intéresse mais l’opportunité ne s’est encore pas présentée. Je ne suis pas fermé pour voir autre chose dans l’avenir. Dans une carrière il peut se passer plein de choses. Après entre les filles et les garçons, la différence la plus grande ne se situe pas forcément dans le basket pur, mais plutôt dans le management. Mais il n’y a pas de recette miracle, c’est la finalité qui est importante. »

Même si pour lui le changement de coach est loin d’être la solution à tous les problèmes.

« Les changements de coachs pour ma part n’apportent pas énormément, moi je n’y crois pas. Alors je ne me dédouane pas loin de là, car vous êtes responsable quand il y a un problème mais je ne suis pas certain que c’est en partant que le problème va se régler. Et je suis très bien placé pour en parler car il y a quelques saisons j’ai dû démissionner pas parce que je ne croyais plus en mon groupe, mais parce que j’étais épuisé et je n’avais plus l’énergie pour rassurer ce groupe. De toute manière changement de coach est synonyme de changements de joueuses bon… Et selon une étude quand il y a un changement de coach en cours de saison, la réussite par la suite est estimée seulement à 7%. Le recrutement est donc très important, et je suis partisan de dire que le recrutement représente 60% de votre succès en saison. »

Et pour conclure notre échange, il a été question de la médiatisation du basket et notamment féminin. L’avis du technicien nantais est sans équivoque.

« On ne voit pas de matchs à la TV donc ça veut tout dire. Le club de hand féminin de Nantes disputait un match de coupe d’Europe la semaine passée qui a été retransmis, alors pourquoi pas nous ? La stratégie du hand est probablement de gagner moins de droits TV mais de toucher un maximum de monde via leur sport et au basket je pense que c’est la stratégie inverse qui est en place. La preuve, Numéro23 diffuse maintenant du basket car ils se rendent compte que personne ne le regarde et donc ça ne fait pas des audiences de feu mais au moins on nous voit. Et encore je ne parle ici que du basket masculin. Le basket féminin est quant à lui très peu diffusé, et quand tu n’es pas vu tu n’existe pas, les magasines de basket il n’y en a presque plus… Mais j’ai mon opinion sur la question c’est qu’en France les supporters de basket ne supporte que leur équipe et pas le basket en général point. Puis notre sport comporte en réalité deux « basket » voir trois avec le championnat de France, l’Euroleague et la NBA. Il y a un adage qui moi me parle, c’est quand tu ouvres L’Equipe si tu enlèves les pages sur la NBA et sur le peu de basket masculin et bien tu n’as plus rien alors nous le basket féminin je n’en parle même pas.« 

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