Le basket français n’attire pas les médias

C’est une problématique relancée tous les ans, par les passionnés que nous sommes. Chacun aura son avis sur la question, mais nous sommes tous d’accord pour dire que la visibilité du basket français n’est pas du tout concluante, plusieurs raisons et solutions sont envisageables. Nous vous listons celles qui nous parlent le plus.

Un problème de compétitivité…

Tout d’abord quoique l’on en dise, il faut bien prendre conscience qu’en France, le basket reste un sport mineur. Bien loin derrière le foot, le hand et probablement même derrière le rugby. Nul n’est dupe, le championnat de France ne fait pas rêver les diffuseurs. Un championnat où certains diront que les « mercenaires » étrangers sont trop nombreux, tandis que nos meilleurs talents s’expatrient. A ce sujet l’ex-coach de Limoges Dusko Vujosevic reprochait aux joueurs français, de ne voir que par la NBA, comme symbole de réussite.

Le conflit opposant la FIBA à l’Euroleague est aussi un problème, la fédération Française avait décidé de se ranger (dans un premier temps) du côté de la fédération internationale en choisissant de ne plus prendre part aux compétitions proposées par l’Euroleague. Outre ce conflit, notre championnat de France n’est pas assez compétitif et c’est un fait. Bien des équipes ont eu leur chance en Euroleague : Cholet, Roanne, Nanterre ou encore Limoges… Mais aucune n’intégrera le Top 16, la dernière équipe à y avoir accédé c’est Pau-Orthez lors de la saison 2006-2007.

Toutefois, cela pourrait probablement évoluer. En effet, la FFBB comme d’autres fédérations, sont entrain de revoir leur positionnement. Et l’envie d’un certain Tony Parker (actuel président de l’ASVEL Lyon Villeurbanne) de voir son club intégrer la compétition reine européenne, va sans nul doute compter. C’est également l’avis du président de l’Euroleague, Jordi Bertomeu sur les ondes de RMC :

« L’année dernière, la Fédération française a mis beaucoup de pression sur les clubs. C’est ce qui s’est passé dans d’autres pays, heureusement très peu. Après la première saison, toutes ces fédérations en Europe ont réalisé que c’était une erreur, une mauvaise approche. […] La situation est déjà claire. Les clubs français ont envoyé un message très clair, ils veulent participer à notre compétition. C’est pourquoi tant de clubs français nous ont fait des demandes pour jouer l’Eurocup, donc je pense qu’on est sur la bonne voie. » […] Nous avons de très bonnes relations avec Tony Parker. On pense que le projet qu’il monte à Villeurbanne est très intéressant. […] C’est un bon projet pour nous. Quand on aura l’opportunité de décider à propos des équipes françaises, bien sûr que l’ASVEL sera une de ces options. Pour le moment, c’est trop tôt pour dire que ce sera l’option qu’on choisira, mais c’est sûr que c’est une option très sérieuse. Il y a des chances que l’ASVEL participe pour la saison 2018-2019. »

Il ne faut pas oublier que grâce à la « génération Parker », la France disposait et dispose encore de la meilleure équipe nationale de son histoire. Vainqueurs de l’Euro en 2013 en Slovénie, médaillés de bronze lors de la Coupe du monde en 2014, et médaillés d’argent de l’Euro 2015, de quoi influer sur le nombre de licenciés et sur la visibilité en France. La majorité de la préparation aux grandes compétitions s’effectue tous les ans en France à Pau entre autre, histoire pour les bleus de se rapprocher de leur public. Mais médiatiquement cela n’est pas encore suffisant.

Un réel problème d’image…

Il est maintenant bien loin le temps où nous avions le droit à des match de ProA les samedis et dimanches sur France TV avec un certain Patrick Montel aux commandes. Epoque que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaitre… Même s’il est souvent critiqué, Patrick Montel avait publié un papier sur son blog, en alertant sur la « mort » du basket et des clubs hexagonaux.

Même si des tentatives depuis ont été effectuées, avec la diffusion de matchs « en clair » sur L’Equipe 21 ou encore sur une ancienne chaine TNT Numéro 23, cela n’a jamais vraiment pris. D’ailleurs les dernières retransmissions sur Numéro 23 n’étaient même pas digne d’un bon streaming… Il y a un peu plus d’un an nous avions interviewé Xavier Vaution journaliste, rédacteur en chef basket pour beIN Sports, et son constat est sans appel et très réaliste selon nous :

« Le vrai problème de la ProA aujourd’hui, c’est la ProA elle-même. Déjà il n’y a aucune visibilité aujourd’hui pour regarder un simple match de ProA, la plupart des gens n’en sont pas informés. L’année dernière déjà sur L’Equipe (21) ça ne fonctionnait moyen alors il faut se poser les bonnes questions… Au-delà d’un problème de niveau j’ai toujours pensé que le plus gros problème venait de l’image véhiculée. Quand on regarde une salle en France pourrie par la publicité, c’est absolument insupportable ! Comme le dit très bien dans son sketch le Comte de Bouderbala (Sami Ameziane, ancien basketteur), comment veux-tu t’identifier à un maillot floqué « Poulet de Loué » ?! Tu crois franchement que l’on va se promener dans la rue avec un maillot « Poulet de Loué » ?! Il faut arrêter les blagues… Je pense également que ce championnat à des années lumières de retard, même s’il y a enfin des salles qui se construisent. Mais il n’y a pas que le basket, si je prends l’exemple du handball, quand on voit toutes les pubs sur le sol mais c’est horrible, vraiment horrible… C’est comme si demain tu allais regarder un match de foot avec plein de pubs sur la pelouse, ça n’a pas de sens. »

Aujourd’hui les cartes ont été redistribuées, beIN Sports diffuse uniquement la NBA et c’est SFR Sports qui s’est octroyé l’Euroleague et la ProA.  Mais pour l’instant ce n’est pas encore un succès retentissant, car faute d’être client SFR il reste difficile d’accéder à ces matchs, mais cela va être amené à changer également. En effet, le groupe SFR va permettre via l’une de ses divisions de proposer ses contenus à d’autres opérateurs.

Si sur internet les sites de basket ont plutôt le vent en poupe, économiquement cela reste difficile. La presse écrite connait elle, toujours de réelles difficultés. Malgré plusieurs suppressions de magasines ces dernières années, nous pouvons avec chance toujours profiter des très bons papiers de Basket Le Mag, pour être au fait de l’ensemble du basket européen et français.

Côté communication ce ne sont pas les idées qui manquent aussi bien pour la création de maillots, que pour la mise en place de projets.

En attendant même si rien n’est réglé, nous observons de plus en plus de projets portés de manières autodidacte parfois. La communication des clubs s’est modernisés (Poitiers, Bourg ou encore Bourges chez les filles sont des références dans le domaine), il n’est donc jamais trop tard et les instances française ont l’air de l’avoir compris. Des évènements comme la LeadersCup ou encore le All-Star Game en sont des parfaits exemples. « Wait & See… ».